vendredi 14 février 2014

Paul Bocuse : l'immortel
par Gilles Pudlowski

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© Gilles Pudlowski

Il va bien mieux que ce qu'on imaginait. Certes, l'empereur des cuisiniers se repose après une opération de la moelle épinière qui doit lui rendre sa mobilité. Mais il veille de loin sur sa demeure par coups de fil interposés.

Bref, Paul Bocuse, qui aura 88 ans  le 11 février ( bon anniversaire, monsieur Paul !), indique qu'il n'est pas loin d'être immortel. Quand il n'est pas là, en tout cas, tout va bien à Collonges.

 La preuve, notre repas du 25 janvier, sous la joulette du fidèle et MOF Christophe Muller: la fameuse soupe aux truffes VGE, merveilleuses saint-jacques et pommes soufflées au beurre blanc (superbes), rouget barbet en écailles avec pommes de terre croustillantes, avec son (diabolique) jus d'orange réduit à l'estragon, indémodable granité des vignerons du Beaujolais pour la digestion, enfin volaille de Bresse en vessie avec truffes, crème, morilles, proposée en deux services: cuisse ou aile, puis repasse avec les suprêmes en salade.

On n'oublie pas les fromages de la Mère Richard, dont un Saint-Marcellin à fondre, plus la Ronde des Desserts de tradition avec une crème brûlée d'anthologie dont la mode est partie d'ici.

 « Qui fait la cuisine quand vous n'êtes pas là ? » a-t-on coutume de demander à Bocuse.

Et ce dernier de répondre du tac au tac: « Le même que celui qui la fait quand je suis là. »

 Ajoutant même: « Il y en a d'autres qui sont toujours chez eux et c'est toujours mauvais. »

Notons que si la salle est gérée par François Pipala, MOF maître d'hôtel, qui excelle dans le service au guéridon, le petit fils par alliance du grand Paul, Vincent Le Roux, époux de Stéphanie Bernachon, dirige la maison comme la voisine Abbaye de Collonges pour les banquets.

Qui doutait l'avenir ici n'était assuré?


2014 © Gilles Pudlowski / Journaliste du Point